Le Film sur le Cyclop

Le Cyclop de Jean Tinguely est un film documentaire de 80 minutes sur la sculpture monumentale le Cyclop, a Milly la Foret.
Realise par Arne Steckmest entre 1994 et 1996 le film est une synthese de 40 heures de rushes et d´images d archives.

Avec la participation de Niki de Saint Phalle, Ponthus Hulten, Arman, Cesar, Pierre Restany, Larry Rivers, Jean Pierre Raynaud, Soto et bien d autres artistes c'est le documentaire le plus complet sur cette formidable aventure de l art contemporain du XX siecle.

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Le Centre du Film sur l'Art à Bruxelles évoque le film :


Dans la profondeur des bois de Milly-la-Forêt, prés de Paris se trouve une oeuvre monumentale, une sculpture musée, oeuvre testament de Jean Tinguely, propriété de l'Etat français qui a, depuis 1991,
la charge de l'entretien de ce travail "cauchemardesque et enchanteur". Le film est l'histoire de cette création qui a demandé 30 ans de travail. Il y a d'abord le récit quasi rocambolesque de cette entreprise titanesque en butte à l'hostilité des saisons, au vandalisme des promeneurs qui, pendant sa construction, transformaient "ce tas de ferraille" en stand de tir, liée aussi aux aléas, aux finances et au désir de Tinguely.

Il fait également le portrait de l'artiste et retrace les étapes principales de ses recherches. Après ses études aux Beaux-Arts de Bâle, sa venue à Paris, son impossibilité de terminer un tableau (représentation immobile) qui ne lui convenait pas, son désir de s'inscrire dans un art du mouvement et de l'éphémère. Il aura les "Méta Malevitch", la premiére machine auto destructrice à New York (1960), "Eurêka" (1964), les "Rotozaza" (1967) etc.

L'homme est évoqué aussi avec sa profonde générosité, sa folie, son humour, sa rigueur.Il le restitue aussi dans toute la conjoncture historique des "nouveaux réalistes" école conduite par le critique Pierre Restany, puisqu'il a invité tous ses amis à venir travailler avec lui à la construction de son Cyclope : Arman, Jean-Pierre Raynaud, Spoerri, César, Niki de Saint Phalle, etc. avec un hommage à Yves Klein disparu en 1962. Le film alterne les témoignages, les images d'archives et devient ainsi un document important et intelligent sur un artiste et une période passionnante de l'art contemporain. Le commentaire précis et informatif ne tombe jamais dans le ronron du didactisme.













Télérama / Texte de Olivier Céna :

Le sculpteur suisse Jean Tinguely, mort en 1991, aimait le mouvement, les engrenages, les mécaniques et les matériaux de récupération. En 1960, alors qu’il est membre du groupe
Nouveau Réalisme ( avec Klein, Arman, César, Christo...), il utilise, comme les autres des déchets
de société mais des déchets assemblés et mus par des moteurs électriques. Il fabrique aussi des machines à dessiner et tout un tas d’engins ludiques et contestataires. A partir des années 80,
son oeuvre, oû apparaissent des crânes, des ossements, des plumes, abandonne l’ironie pour
trouver une profondeur et une puissance magnifiques ( la serie Mengele ) .
Reste maintenant le Cyclop, sujet de ce documentaire. Il s’agit d’un projet de dingue.
Tinguely décide un jour de construire, à ses frais, dans les bois de Fontainebleau, une machine géante, qu’il offre à l’Etat français. Il récupère des tas de débris industriels et improvise des mécanismes sur place. Le "corps" de l’oeuvre représentera un cyclope et sera réalisé par la femme
du sculpteur : Niki de Saint Phalle. Et plus le projet avance, plus Tinguely en fait une aventure amicale : Arman, Jean Pierre Raynaud, César et bien d’autres placeront une oeuvre dans la machine, dont le toit, recouvert d’eau, rappellera, en reflètant le ciel, le bleu Klein. Le film, entrecoupé d’éléments biographiques, relate cette aventure exceptionnelle, grâce à des documents d’époque et aux témoignages d’artistes amis de Tinguely. Il raconte l’oeuvre, régulièrement détruite par les vandales, et la volonté de Tinguely de toujours la recommencer. Aujourd’hui, l’Etat, propriétaire, a bien du mal
à entretenir les rouages (cela coûte plus d’un million de francs par an) d’une sculpture dont le but, disait Tinguely, était de toute façon, un jour de disparaître.


Les collaborations artistiques


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Dessin La Tete ou le Monstre dans la foret. 1969


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firefoxL'élaboration conceptuelle de La Tete et sa réalisation effective ont débuté en 1969.
Tinguely s'appuiera sur de nombreuses collaborations, mais la principale vint de Niki
de Saint Phalle avec qui il a conçu cette idée. Elle est présente à toutes les étapes du
projet, prodigue son aide et ses conseils, et suit la progression du travail avec
sollicitude et attention. Elle se préoccupe tout particulièrement de la partie antérieure de la construction, la ´façade. Après maintes discussions, celle-ci sera finalement revêtue, au
printemps 1987, d'une mosaïque de miroirs.

Avec La Tete, c'est un grand rêve qui se réalise: le monument, la tête monumentale, la sculpture immense. Les diverses contributions envisagées au départ se transforment au fil des ans en
une gigantesque structure où Tinguely aménage des espaces idéaux pour des œuvres
commandées à ses amis, conformément à son idée de ce que doit être La Tete.

Les périodes de travail intensif qui s'étendent sur plusieurs mois d'affilée, alternent avec des interruptions où seuls les bruits de la forêt entourent La Tete muette, drapée dans son
existence mystérieuse... Quelle surprise pour le promeneur qui pénètre au cœur de cette belle
forêt d'lle-de-France.Mais,pendant les premières années, on expliquera aux passants qu'il y a
là une distillerie en construction!